Dre. Aoua Bocar Ly-Tall

Aoua Bocar Ly Tall récipiendaire du prix du gouverneur général : ou la reconnaissance d’un long combat avril 11, 2007

Filed under: Ils parlent de moi — aouabocarlytall @ 7:49

Une image vaut mille mots dit-on, celle de Aoua Bocar Ly Tall et de Mickaëlle Jean en dit long. En effet le 15 novembre 2005, la première recevait de la dernière le prestigieux prix qui porte le titre de la fonction vice royale du Canada : Le prix du gouverneur général. Crée en 1979 afin de marquer la lutte des femmes dans leur juste combat pour la reconnaissance des droits fondamentaux, ce prix qui est remis depuis vingt six ans, souligne aussi le travail de cinq pionnières canadiennes (Emely Murphy, Henrietta Muir Edwards, Louise McKinney, Iréne Parlby et Nellie McClung) qui ont remporté une victoire historique en faisant reconnaître aux autorités de l’époque, donc de facto à la loi, que la femme est une personne à part entière au même titre que l’homme. C’était ´´ l’affaire personne ´´ qui a fait entrer désormais la femme en grand dans l’histoire canadienne. Une reconnaissance certes méritoire, mais hélas tardive. De l’ombre à la lumière, ces cinq femmes ont écrit les plus belles pages de l’histoire canadienne.C’est donc dans la juste lignée de ces grandes dames, qu’une autre grande femme verra souligné son combat.

En effet Aoua Bocar Ly Tall, s’est distinguée dans la lutte contre la pratique des mutilations génitales féminines (ou excisions) en Afrique. Son inlassable combat est reconnu tant par les institutions nationales que par les institutions internationales (Nations Unies, l’Union Africaine etc..). Femme de combat et de terrain, Aoua Bocar Ly Tall est l’une des rares personnes à se mobiliser pour défendre les mauritaniens noirs expulsés en 1989 de leur propre pays. Les noirs mauritaniens faut-il le souligner, sont toujours victimes de discrimination et de racisme. Les pays africains réputés pour leur légendaire inertie, ne s’intéressent guère à la cause de cette population victime d’un racisme arabe qui ne dit pas son nom.

Le docteur Aoua Bocar Ly Tall pour venir en aide à ces derniers, fonde l’Union des femmes du fleuve Sénégal pour l’entraide et le développement (UFED).Dans son pays d’accueil le Canada ou elle est plus qu’active, elle fonde et préside le Réseau Femmes Africaines Horizon 2015 (FAH2015) .Organisme -phare dans le domaine, ce dynamique réseau oeuvre dans l’entraide et le soutien aux femmes africaines installées au Canada. Consultante et recherchiste internationale,madame Aoua Bocar Ly Tall collabore depuis de nombreuses années avec les institutions spécialisées des Nations Unies, ainsi qu’avec des Universités,des ONG et des organismes gouvernementaux.

Panafricaniste convaincue,disciple de Cheick Anta Diop, récipiendaire de plusieurs prix et reconnaissance, madame Aoua Bocar Ly Tall a reçu le prix de mérite 2000 de la fondation YMCA des femmes de Montréal. Sociologue de formation, environnementaliste appréciée pour ses nombreuses contributions universitaires et professionnelles, elle est chercheure associée à l’institut santé et société de l’Uqam, et aussi expert-conseil de Fem En Vie Inc, un cabinet d’expertise conseils, de stratégies et d’évaluation sur les femmes, l’environnement viable et la diversité culturelle. La remise à Aoua Bocar Ly du prestigieux prix par le gouverneur général Mickaëlle Jean ne peut passer inaperçue. Toutes deux québécoises et canadiennes d’adoption. Toutes deux noires, et enfin toutes deux femmes dynamiques et déterminées, ne peut que donner une valeur ajoutée à l’événement. L’une, Aoua Bocar Ly, est la première africaine à recevoir cette distinction, qui rappelle le long chemin parcouru par les canadiennes pour obtenir enfin leur reconnaissance. L’autre, Mickaëlle Jean d’origine hattienne, est le vingt septième gouverneur général de l’histoire du Canada, et aussi la première femme noire à accéder à cette illustre fonction. Parmi les six femmes récipiendaires du prix du gouverneur général cette année, Aoua Bocar Ly a retenu l’attention pour son long combat, qui est enfin reconnu dans son pays d’accueil.

Par Moise Mougnan in http://www.sftext.com/transatlantique/aoua_bocar_ly_tall.html

Publicités